On est un peu tous les mêmes. D'une maniére ou d'une autre on cherche toujours à sortir de cette réalité et si on le cache plus ou moins ce n'est qu'une question de temps pour qu'elle nous rattrape. Alors certains fumeront join sur join, d'autres se prendront cuites sur cuites ou les deux en mêmes temps. Certains tapperont dans des tripes plus forts. D'autres encore s'enfermeront dans des croyances qui leurs font croire que la réalité n'est qu'une "étape" et apaiseront ainsi leurs tourments, en dépis de tout ce qui les entoure. D'autres rêveront encore et encore, se construiront une vie paralléle qui, bien que fictive les tiendra en état de survie.
Une survie qui dépendra chaque jour des coups que la réalité leur infligera. Plus ou moins forts, les rêves tournent plus ou moins aux cauchemards. Alors ils se réveillent en plein jour, regardant le réel comme s'ils en étaient extérieurs, comme si ces coups ne créé aucune douleur. Comme si. Ils se mettent à créer : dessins, peintures, photos, textes... tout ce qui pourrait les sortir de là. Tout ce qui pourrait leur créer une nouvelle vie parallèle jusqu'à ce que la réalité les atteignent à nouveau. Chaque jour il faudra créer plus, penser plus, rêver plus car tout en dépend. Absolument tout. Ils le savent et pourtant ne veulent l'admettre, feignant de seulement aimer ça. Doux mensonge qui leur sert de couverture mais jusqu'à quand ? Voilà leur peur, quand est-ce que la réalité refera son apparition? Quand est-ce que leur moyen de survie sera découvert ?
Eux qui veulent se montrer si fort devant cette réalité qui les bouffes littéralement et si un jour quelqu'un perçait leur secret et entrait dans leur monde illusoire. Comment ferait-il ? Alors, la couverture s'épaissit de plus en plus jusqu'à former une carapace contre les autres, oubliant que ces "autres" sont peut-être aussi dans le même cas et que si la réalité est si horrible dans la solitude de cette vie elle l'est peut être moins lorsque cette solitude ne devient qu'un cauchemar du passé.
Plus ou moins forts ou violents, plus ou moins illusoires ou malsains, ils prennent ces moyens de survie sans toujours y réfléchir. Ils s'adaptent tant bien que mal au monde qui les entoure avec ou sans personne pour percer cette carapace.
Ils : 3ème personne du pluriel. Peut-être plutôt Nous.